De l’histoire au patrimoine, des monuments aux espaces naturels, cette balade vous invite à découvrir les différentes facettes d’Abbeville. Suivez l’itinéraire et partez à la rencontre des lieux qui ont marqué l’histoire de la ville et de ceux qui participent aujourd’hui à son identité.
Collégiale Saint-Vulfran
Chef d’œuvre de l’art gothique flamboyant
La collégiale domine la ville depuis le début du XVIe siècle. Sa façade principale présente un admirable ensemble sculpté. Durement touché par les bombardements de mai 1940, l’édifice conserve néanmoins de très beaux retables et statues du XVIe siècle et des tableaux des XIXe et XXe siècles, le tout sous une remarquable voûte culminant à plus de trente mètres.
Collégiale Saint Vulfran
Cathédrales, églises & abbayes
Cathédrales, églises & abbayes
Le saviez-vous ?
Mariage de Louis XII
En octobre 1514, Abbeville fut le théâtre d’un événement royal majeur : le troisième mariage de Louis XII, âgé de 52 ans, avec la jeune Marie Tudor, 18 ans et sœur du roi d’Angleterre Henri VIII. Choisie pour sa proximité avec le Royaume-Uni et sa magnifique collégiale gothique flamboyante, la ville a accueilli les festivités de cette union historique.
Place Max Lejeune
L’hôtel de ville fut détruit pendant le bombardement allemand du 20 mai 1940. Les services municipaux trouvèrent alors refuge à l’hôtel d’Emonville pendant la guerre et la période de reconstruction de la ville. Bel exemple de l’architecture de la Seconde Reconstruction.

L’église Saint-Sépulcre et les vitraux Manessier
Érigée d’après la tradition orale sur l’emplacement où Godefroy de Bouillon passa en revue les chevaliers qui s’apprêtaient à partir pour la première croisade en 1098, l’église actuelle date des XVe
et XIXe siècles. Elle présente un bel ensemble mobilier des XVIIe -XIXe siècles et l’incroyable ensemble de vitraux, de près de 300m², réalisé par l’artiste peintre Alfred Manessier entre 1982 et 1993 sur le thème de la Passion et de la Résurrection du Christ.

Le beffroi d’Abbeville

Le beffroi d’Abbeville prend l’apparence d’une tour massive en grès, haute de 33 mètres pour 10 mètres de largeur. Ses contreforts et ses ouvertures étroites qui ressemblent à d’anciennes meurtrières, donnent au beffroi une allure défensive. Restaurée après la Seconde Guerre mondiale, la tour mêle pierres d’origine médiévale et pierres plus récentes, dont l’assemblage est encore lisible sur ses façades. Elle est couverte d’un toit à double pyramide. A son sommet, deux gargouilles sculptées sont ajoutées aux angles en 1985 pour évacuer les eaux pluviales.
Hôtel et jardin d’Emonville
Ici s’ouvre 1,5 hectare de jardin anglo-chinois propice à la promenade et à la découverte des arbres remarquables (cyprès chauve, ginkgo, magnolia…) qui ornent le jardin depuis le XIXe siècle. Créé par une importante famille abbevilloise, le jardin s’inscrit dans le goût d’alors et voit son aménagement parachevé au début des années 1860 par l’érection d’un imposant hôtel particulier.
Ce dernier abrite de nos jours la bibliothèque patrimoniale de plus de 160 000 ouvrages et les archives anciennes de la Ville. Le jardin et ses serres ont été restaurés en 2025. Labellisé « jardin remarquable »


L’ancien monastère du Carmel
Caché derrière de hauts murs au cœur du centre-ville, l’ancien monastère du Carmel Jesus-Maria d’Abbeville est d’une richesse patrimoniale insoupçonnée. À la quiétude des jardins qui s’étendent sur près de 9000m², répond la sérénité et la sobriété du couvent. Occupé du XVIIe siècle à la Révolution française par les moines capucins, le site fut repris et restauré par les Carmélites de 1821 à 1998. Expositions d’art contemporain ou dédiées au patrimoine, visites commentées et découverte des trésors de l’art sacré du territoire animent désormais le site.

Maisons du 16e siècle
Avoir pignon sur rue !
Les maisons à pans de bois sont des rescapées du bombardement qui toucha durement le centre-ville en mai 1940. Conçues majoritairement pour accueillir commerces au rez-de-chaussée et habitation à l’étage, elles témoignent du mode de vie urbain d’Abbeville au tournant de l’époque médiévale et moderne comme on peut encore le voir à l’angle de la rue des Carmes et de la place de l’Amiral Courbet. L’expression «avoir pignon sur rue» en provient. L’une d’elles, située à l’angle de la rue des Capucins et de la rue des Teinturiers, se distingue par sa poutre sablière finement sculptée par les huchiers picards.
Plusieurs maisons sont disséminées dans le centre de la ville :
– place du Pilori
– rue des Carmes
– rue des capucins
– rue du Pont à Plicourt
Les Bains-Douches
Construits par la Caisse d’Épargne en 1908 dans un esprit hygiéniste, les bains-douches étaient destinés à améliorer les conditions sanitaires des ouvriers. Ils comprenaient 17 cabines de douches et 4 salles de bain, et furent utilisés jusqu’en 2005. Le plan en demi cercle du bâtiment principal offre un vaste espace de circulation qui dessert les différentes cabines. Le sculpteur amiénois Louis Leclabart (1876-1929), auteur quelques années plus tard du monument aux morts d’Abbeville, est chargé du décor des façades. Il orne le fronton qui surplombe l’entrée principale d’un décor mêlant végétaux et eau. De part et d’autre, deux mascarons prennent les traits de Neptune, dieu des eaux vives et des sources. Un peu plus bas, l’eau jaillit à nouveau et se répand tout le long de la frise. Ce décor rappelle ainsi la fonction du lieu. Il est aujourd’hui privé, en attente de réhabilitation.
Le Parc de la Bouvaque
Le parc de 60 hectares est une véritable réserve naturelle en pleine ville. Il est traversé par trois rivières et abrite de nombreux oiseaux comme le héron cendré, la sarcelle ou le grèbe huppé. L’artiste-peintre Alfred Manessier (1911– 1993) a passé une partie de son enfance dans la propriété de ses grands-parents qui habitaient le quartier de Thuison situé au nord de l’actuel parc. Un parcours pédestre, passant par la Bouvaque, est dédié à l’artiste.
Le marais de la Bouvaque
Le kiosque à musique
En 1889, un premier square existe sur cet emplacement. Puis les pelouses et allées plantées de platanes s’étendent. En 1904, la promenade du Bois a une configuration proche de celle que l’on connait aujourd’hui. Entre 1925 et 1935, ce kiosque à musique complète l’agencement du site.
Le 15 mai 1940, devant l’avancée de l’armée allemande, 79 personnes de diverses nationalités suspectées d’espionnage ou de collaboration sont transférées de la Belgique vers la France.
Arrivées à Abbeville, dans la nuit du 19 au 20 mai, elles sont enfermées dans la cave du kiosque. Le 20 mai, la ville bombardée depuis l’aube est en flamme. Vingt et un prisonniers sont alors exécutés sommairement avant l’intervention du lieutenant Leclabart qui met fin à ce tragique épisode.
Porte des Ursulines
Vestige d’un remarquable couvent du XVIIe siècle, la façade de l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines est un exemple rare d’architecture Louis XIII à Abbeville. Transformé après la Révolution française en magasin de fourrage et haras puis en établissement scolaire de 1869 à 1939, seules cette façade et une partie de celle du cloître ont survécu aux bombardements de mai 1940.
L’église Saint-Gilles
Construit entre 1485 et 1528, l’édifice est remaniée au cours du XIXe siècle. En mai 1940, l’intérieur est ravagé par les bombardements ; seuls les murs extérieurs subsistent. Restaurée après guerre, l’église offre depuis un contraste saisissant entre une enveloppe datant des XVe et XIXe siècles et un intérieur contemporain rythmé par de grands piliers cruciformes en béton blanc. Saint-Gilles a bénéficié d’un vaste chantier de restauration entre 2022 et 2025.
À voir : la lanterne des morts, une tour en pierre du XIXe siècle qui rappelle la présence d’un cimetière autour de l’église jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Fortifications – Carré de Six
Les fortifications d’Abbeville ont été modifiées à plusieurs reprises, notamment en 1636, avant d’être déclassées en 1867, Abbeville n’étant plus considérée comme une ville de première ligne. Le bastion pentagonal de Longueville, appelé « Carré de Six« , date du règne d’Henri II. Il forme aujourd’hui avec la tour Maillefeu, datant du XVe siècle et située non loin de la gare, les témoignages du passé militaire de la cité. Les anciens remparts, qui ceinturaient en partie la ville, ont été remplacés progressivement par les boulevards circulaires entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

La gare
Avec ses pans de bois, son corps central à trois pignons, ses pinacles et ses lambrequins, la gare s’inscrit dans la vogue de l’architecture des bains de mer présente sur la côte, à l’instar des constructions de Mers-les-Bains bâties postérieurement. En 1911-1912, l’édifice fait l’objet de transformations : sa façade coté place est avancée, le clocheton est agrandi et modifié. Il accueille alors l’horloge qui était auparavant en dessous. La gare traverse miraculeusement les deux guerres mondiales, et est protégée au titre des Monuments Historiques depuis 1984. Élue plus belle gare des Hauts-de-France en 2018, elle forme aujourd’hui l’une des plus séduisantes entrées de la ville.

Les personnages illustres
Le monument du Chevalier de la Barre (à proximité du pont de la gare)
Ce monument érigé en 1907 rend hommage à François-Jean Lefebvre de la Barre (1745-1766), exécuté à 20 ans pour blasphème le 1er juillet 1766 suite à une sombre affaire jugée sommairement et dont il fut le seul condamné. Le bas-relief en bronze montre les tortures qu’il a subies avant d’être supplicié sur la place principale de la ville. Il est devenu depuis un symbole de la liberté de conscience.
Statue du Chevalier de la Barre (place Max Lejeune)
Statue de l’Amiral Courbet (place de l’Amiral Courbet)
Natif d’Abbeville, Amédée Courbet devient amiral et figure majeure de la marine française en mer de Chine. Après sa mort à bord du Bayard en 1885, un monument en marbre de Carrare est érigé par Falguière et Mercié, inauguré en 1890. Déplacé et abîmé par les guerres, il a perdu ses deux canons chinois fondus par l’occupant en 1942. Il se trouvait autrefois au centre de la place principale
Les hôtels particuliers
Rue Lesueur
Des hôtels du XVIIIe et XIXe siècles comme l’hôtel van Robais, dite la Maison Neuve devenue au XXe
siècle le siège de la Banque de France, ou l’hôtel d’Applaincourt témoignent du riche passé d’Abbeville. L’hôtel de Monnecove se distingue quant à lui par sa porte richement ornée par le talentueux sculpteur autrichien Simon Pfaff von Pfaffenhoffen (1715 – 1784) qui œuvra dans de nombreux édifices du territoire au cours du XVIIIe siècle (hôtel Dieu de Saint-Riquier)
Rue du Maréchal Foch et Rue Saint-Gilles
Quartier aristocratique et bourgeois avant la Seconde guerre mondiale, on y trouve encore quelques hôtels particuliers rescapés des bombardements et des demeures aux façades élégantes. L’hôtel du Commandeur de Gaillon, au 21 rue Saint-Gilles, présente un admirable portail sculpté qui est attribué à Simon Pfaff von Pfaffenhoffen.
